Savoir dire non, une preuve de professionnalisme
Quand accompagner, c’est aussi savoir s’arrêter ou refuser d’accompagner.
Récemment, une cliente est venue me voir pour un accompagnement en sophrologie et en coaching, cherchant une solution pour gérer une anxiété qui lui pesait au quotidien et l’empêchait de faire certaines choses. C’était devenu un véritable handicap pour elle.
Oui, la sophrologie peut aider. Enormément.
Oui, le coaching peut apporter des clés. Plein de clés.
Mais, parfois, ce n’est pas suffisant, ou ce n’est juste pas ce dont la personne a besoin.
J’ai rapidement compris que son mal-être était profond et nécessitait un suivi médical plus spécialisé. Plutôt que de m’obstiner à lui proposer des outils qui ne suffiraient pas, j’ai préféré la rediriger vers un professionnel de santé compétent. Car dans ce contexte-là, je n’étais pas compétente.
Était-ce un échec ? Non.
C’était une décision responsable et éthique. C’était une décision juste, juste pour elle et aussi juste pour moi.
Dans le domaine du coaching, de l’accompagnement et du bien-être, il est essentiel de connaître ses limites et celles de ses méthodes.
Cet article explore pourquoi il est parfois nécessaire d’arrêter un accompagnement, et pourquoi cela ne doit jamais être perçu comme un aveu d’impuissance, mais comme une preuve de professionnalisme.
1. Coaching et sophrologie : des outils puissants mais avec des limites
Je suis une grande fan du coaching et de la sophrologie. Je les ai d’ailleurs expérimentés sur et pour moi avant de me former, et c’est parce que j’en ai vu les bienfaits que je me suis formée. Mais je sais aussi reconnaître mes limites et les limites des outils que j’utilise.
Comprendre le rôle du coaching et de la sophrologie
Le coaching et la sophrologie sont des accompagnements complémentaires qui permettent aux individus d’explorer leur potentiel et d’apprendre à mieux gérer leurs émotions. Ils sont complémentaires entre eux, mais ont toute leur place dans des accompagnements pluridisciplinaires et plus globaux, je pense notamment à la gestion du stress et des émotions ou à l’organisation pour les personnes avec un TND comme le TDAH ou un DYS.
✅ Le coaching : Il aide à clarifier des objectifs, à dépasser des blocages et à mettre en place des stratégies d’évolution personnelle et professionnelle.
✅ La sophrologie : Elle offre des techniques de relaxation et de gestion du stress pour favoriser un mieux-être global.
L’un va pousser à passer à l’action, l’autre va davantage se focaliser sur la respiration et sur l’introspection. Les deux approches sont puissantes et utiles, et dans mes accompagnements je combine les deux pour avoir le bénéfice des deux approches.
Mais tout ne peut pas être résolu par ces méthodes
Si ces disciplines sont efficaces dans de nombreux cas, elles ne remplacent pas (jamais même) un suivi médical. Il n’est pas question de se substituer à un suivi médical ou psychologique quand il est nécessaire.
🔴 Les limites du coaching : Un coach ne peut pas accompagner quand il y a des troubles psychologiques profonds comme l’anxiété généralisée, la dépression ou les troubles obsessionnels compulsifs.
🔴 Les limites de la sophrologie : Bien qu’elle apporte un soulagement dans la gestion du stress, elle ne remplace pas un suivi psychiatrique ou thérapeutique en cas de troubles graves.
👉 Forcer un accompagnement inadapté peut être contre-productif, voire dangereux. Et dans le cas de ma cliente, j’ai conclu la séance en la redirigeant vers des professionnels de santé qui auraient pu l’aider.
2. Pourquoi arrêter un accompagnement est parfois nécessaire
Dans le cas précédent, j’ai refusé d’accompagner ma cliente.
Mais il m’est aussi arrivé d’arrêter un accompagnement. Non pas parce que cela se passait mal, mais parce que ce client avait besoin d’autre chose que je ne pouvais pas lui apporter.
Reconnaître quand un client a besoin d’un autre type de prise en charge
Dans ma pratique, il m’est déjà arrivé de stopper un accompagnement pour orienter un client vers un professionnel plus adapté.
Par exemple :
🧑🎓 Un adolescent que j’accompagnais montrait des signes de détresse psychologique profonde.
Plutôt que de continuer un accompagnement de sophoroogie ou de coaching qui ne répondait pas à son besoin réel, j’ai préféré l’orienter vers un psychologue spécialisé.
💡 Quand doit-on arrêter un accompagnement ?
Quand les problématiques du client dépassent nos compétences (anxiété sévère, idées noires, troubles alimentaires, trauma non traité, etc.).
Quand le client ne progresse pas malgré les outils proposés.
Quand la séance devient un espace de thérapie non encadré alors que ce n’est pas notre rôle.
👉 Savoir dire STOP, c’est agir avec intégrité et respect.
J’ai dit stop à la fois pour mon client mais aussi pour moi, car j’ai respecté mes limites, qui je suis et mes valeurs.
3. Savoir dire non : une force et non un échec
Quand j’ai dû réorienter mes clients vers d’autres professionnels, je me suis longuement interrogée, j’en ai même parlé à mon superviseur.
Ces jours-là j’en ai appris un peu plus sur moi. Je connaissais certaines de mes limites, mais là j’en ai découvert de nouvelles et j’ai aussi découvert de nouvelles forces.
L’importance de l’éthique professionnelle
Nous avons parfois l’impression qu’en refusant de continuer un accompagnement, nous échouons en tant que professionnels.
Pourtant, c’est tout l’inverse.
✅ Dire non, c’est reconnaître ses limites et celles de son champ d’action.
✅ Dire non, c’est protéger le client en lui proposant une solution plus adaptée.
✅ Dire non, c’est garder une posture professionnelle qui renforce la confiance.
💡 Un bon accompagnant ne retient pas ses clients à tout prix, il les guide vers la bonne solution, même si elle ne passe pas par lui.
Quand je regarde mon parcours pro, cette notion de satisfaction du client a toujours présente, comme si c’était dans mon ADN. Que ce soit quand j’étais responsable marketing, project manager ou coach, le client est toujours au centre de mes préoccupations. Je sais donc reconnaître quand je ne suis pas la bonne personne pour lui.elle.
Les risques d’un accompagnement inadapté
Forcer un coaching ou une sophrologie dans une situation inadaptée peut avoir des conséquences négatives :
📉 Aggravation de l’état psychologique du client, qui peut se sentir incompris ou inefficacement pris en charge.
⚠ Confusion entre coaching et thérapie, qui peuvent sembler similaires mais ont des objectifs et des méthodologies bien distincts.
🛑 Perte de crédibilité professionnelle si le client réalise plus tard qu’il aurait dû être redirigé plus tôt.
👉 La transparence et l’intégrité sont toujours préférables à un acharnement mal placé.
4. Coaching, sophrologie et accompagnement médical : une complémentarité
Coaching et sophrologie ne remplacent pas un suivi médical ou même psychologique. Mais ils peuvent venir en complément, et compléter avec efficacité ces suivis.
Un rôle en amont et en complément
Même si coaching et sophrologie ne suffisent pas toujours seuls, ils peuvent :
🟢 Intervenir en prévention : Aider à gérer le stress avant qu’il ne devienne pathologique.
🟢 Être un support à un suivi médical : Accompagner un traitement ou une thérapie pour améliorer le bien-être global.
🟢 Aider après une thérapie : Lorsque le travail thérapeutique est terminé, le coaching peut aider à reconstruire des projets et à avancer.
En revanche, quand on est dans le creux de la vague ce n’est pas le moment d’entamer un coaching ou un accompagnement sophrologique : c’est trop tôt. D’abord on se soigne et on remonte la pente, et ensuite on met en place des plans d’action pour un objectif défini. C’est une des raisons pour lesquelles le premier RDV est plus long : nous faisons le point sur la situation et le pourquoi vous êtes là. Et en fonction de la situation, nous envisageons ou non d’entamer un coaching. Parfois ce n’est pas le bon moment, parfois il vaut mieux attendre un peu avant d’entamer un coaching. C’est de cela dont nous discutons aussi pendant notre premier RDV.
Travailler en réseau : une approche gagnante
Un accompagnant ne travaille pas seul mais en réseau avec d’autres professionnels :
Psychologues, psychiatres et médecins pour les cas nécessitant un suivi médical.
Thérapeutes et spécialistes pour des approches complémentaires.
Autres coachs ou sophrologues spécialisés pour orienter vers une expertise plus pointue.
👉 Accompagner ne signifie pas tout faire seul.e, mais savoir où et quand diriger un client pour son bien.
L’intérêt du client avant tout
Faire un “bon” travail en coaching ou en sophrologie, ce n’est pas vouloir tout traiter, mais savoir quand passer le relais.
D’ailleurs je n’accompagne pas toutes les problématiques par choix. Je peux faire beaucoup de choses, mais je préfère me spécialiser sur des problématiques précises pour offrir et proposer des accompagnements plus efficaces pour mes clients.
🎯 Être un bon professionnel, c’est reconnaître qu’on ne peut pas tout faire (et c’est vrai dans tous les métiers).
🎯 L’intégrité passe par l’orientation vers la bonne prise en charge.
🎯 L’objectif ultime reste le bien-être du client, peu importe le chemin emprunté, que je sois ou non sur le chemin en question.
Alors oui, je n’ai pas pu aider ces clients directement… et c’est OK.
Parce que le plus important, c’est qu’ils aient trouvé le bon accompagnement, celui qui leur convenait à ce moment-là.