Manager, ça s’apprend. Être parent aussi.

Tout comme le management s’apprend, le parentage s’apprend également.

Un manager doute.

Il remet en question ses méthodes, cherche à s’améliorer, suit des formations.

On considère normal qu’il apprenne à manager (et qu’il fasse des erreurs quand il est jeune manager), qu’il développe des compétences pour accompagner son équipe.

Un parent, lui, doute aussi.

Mais paradoxalement, il est bien plus rare qu’il se forme, qu’il s’interroge sur sa façon de « parenter ».

On part du principe que c’est instinctif, que cela relève de l’évidence.

Pourtant, si la parentalité repose sur des bases naturelles – l’amour, l’attachement, l’envie de bien faire – elle n’est pas innée. Elle est le fruit d’un apprentissage, d’expériences, d’erreurs et d’ajustements constants.

Un bon manager ne naît pas manager, il le devient.
Un bon parent ne naît pas parent, il le devient.

Tout porter, est-ce bien aider ?

C’est une question somme toute légitime.

La réponse vous semble évidente ? Avec mes clients adultes, la question du management est souvent abordée dans le cocon du Cabinet et force est de constater que le manager n’est pas si évident et surtout certaines bases du management sont méconnues voire inconnues. Ayant été (jeune et moins jeune) manager moi-même, j’ai été confrontée à ces questions et ces éceuils et ai bénéficié de formations de management (que j’avais beaucoup appréciées et dans lesquelles j’avais beaucoup appris et pas que sur le management d’ailleurs).

Lorsqu’un manager débute, il veut bien faire.
✔ Il veut être disponible.
✔ Il veut être à l’écoute.
✔ Il veut aider son équipe à réussir.

Alors, il s’investit. Parfois trop.

💬 Il écoute… jusqu’à absorber les difficultés des autres.
🛠 Il aide… jusqu’à régler les problèmes à la place de son équipe.
💡 Il soutient… jusqu’à s’oublier lui-même.

Un parent fait souvent la même chose.
✔ Il veut être présent pour son enfant.
✔ Il veut répondre à ses besoins (parfois avant même que l’enfant n’exprime ses besoins ou n’en ait conscience).
✔ Il veut l’accompagner vers l’autonomie.

Alors, il s’investit. Parfois trop.

💬 Il écoute… jusqu’à porter les émotions de son enfant à sa place.
🛠 Il aide… jusqu’à lui éviter tout effort, toute frustration.
💡 Il soutient… jusqu’à en oublier ses propres besoins.

Dans les deux cas, cela conduit à l’épuisement.

Un bon manager n’est pas celui qui fait tout à la place de son équipe, mais celui qui lui donne les moyens d’agir.
Un bon parent n’est pas celui qui porte tout pour son enfant, mais celui qui lui apprend à avancer par lui-même.

Apprendre à être parent, comme on apprend à manager

Si la parentalité était purement instinctive, pourquoi tant de parents se sentiraient-ils dépassés ?

Pourquoi auraient-ils ce sentiment de ne pas être « à la hauteur » ?

Et pourquoi le marché de la parentalité fleurirait d’offres et se développerait rapidement si la parentalité était si évidente (devenir parent peut être une évidence, mais pour autant être parent ne l’est pas toujours) ?

D’ailleurs dans cette offre pléthorique il y a beaucoup sur la grossesse, beaucoup sur la petite enfance, un peu moins sur l’enfance et carrément moins sur l’adolescence - qui à mon sens est une période passionnante - comme si tout était bouclé dans l’enfance. Sauf qu’en fait notre parentalité et notre job de parent évoluent en même temps que nos enfants grandissent, et on ne cesse pas d’être parents quand Junior devient l’Ado, on adapte juste notre parentalité à cette période très riche qu’est l’adolescence.

Tout comme le management, la parentalité s’apprend.

Tout comme le management, la parentalité évolue.

Avec le temps, avec les modes, avec les progrès et les découvertes. Je pense notamment à la psychologie et aux neurosciences qui ont beaucoup évolué ces dernières années et ont apporté beaucoup, en modifiant notablement certaines connaissances et croyances.

De plus, notre management évolue avec notre expérience, mais aussi avec l’équipe que l’on gère (on ne manage pas de la même manière quelqu’un qui débute sa carrière et quelqu’un qui a 10 ou 20 ans d’expérience dans le job) et le nombre de personnes que l’on manage.

C’est la même chose avec nos enfants. On n’est pas le même parent pour Numéro1 que pour Numéro 1 + 2 + 3 + … ni le même parent à 20 ans, à 30 ans, à 40 ans ou à 50 ans. Tous ces paramètres influencent notre parentalité (et notre personnalité).

Mais autant on le sait et on l’apprend quand on manage, autant quand on parente cela semble une véritable découverte alors que c’est … du bon sens. Mais là encore ce qui nous semble évident en management, on l’a appris (formation, mentor, manager que l’on remplace …) alors qu’en parentalité on semble devoir apprendre sur le tas et peut-être qu’on se faciliterait la vie si on se formait à la parentalité.
Comme un forgeron apprend son métier avec un maître pour lui montrer les gestes, lui enseigner les techniques et l’alerter sur les dangers, un parent devrait avoir accès à des repères, des ressources, un accompagnement.

Ce n’est pas un aveu d’échec de chercher à comprendre comment mieux accompagner son enfant.

C’est, au contraire, une preuve d’engagement et d’amour.

Comment apprendre à être parent ?

C’est la vraie question, et j’ai envie de vous dire qu’il y a plein de façons, à vous de trouver celle qui vous convient.

Si chaque enfant est unique, et chaque famille aussi, il existe néanmoins des bases communes qui permettent de mieux comprendre son rôle de parent et de s’épanouir dans cette mission. Et je parle bien de bases communes, pas de recettes miracles ou de manière de faire unique et unilatérale.

💡 Se former avec des lectures inspirantes

Les livres sont une première porte d’entrée précieuse pour apprendre et réfléchir à sa parentalité. J’ai ouvert cette porte et m’y suis engouffrée, on peut apprendre beaucoup des livres mais on ne peut pas tout y apprendre non plus. Et je vais juste mettre un bémol, même dans ces lectures, vous avez le droit (et le devoir ?) d’utiliser votre jugement et votre libre arbitre. Vous n’êtes pas obligé.e de suivre tous les préceptes ou de faire exactement comme l’auteur expert de son domaine dit de faire. Là aussi, vous pouvez faire le tri et ne mettre en pratique que ce qui vous correspond et convient à votre famille.

Voici quelques incontournables (que j’ai lus):
📖 « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent » – Adele Faber & Elaine Mazlish : un grand classique de la communication bienveillante.
📖 « J’ai tout essayé ! » – Isabelle Filliozat : pour mieux comprendre les comportements des jeunes enfants et adapter ses réactions.
📖 « La discipline positive » – Jane Nelsen : pour poser un cadre ferme et bienveillant sans tomber dans l’autoritarisme ni le laxisme.

💡 S’entourer et échanger

L’éducation ne devrait pas être un parcours en solitaire.

D’ailleurs ne dit-on pas qu’il faut tout un village pour élever un enfant ? Construisons ce village.

Échanger avec d’autres parents, partager ses expériences et ses doutes permet de prendre du recul et de trouver des solutions adaptées.
➡️ Rejoindre des groupes de parents, en ligne ou en présentiel.
➡️ Participer à des ateliers sur la parentalité (communication, gestion des émotions, etc.).

💡 Se faire accompagner avec un coaching parental

Tout comme un manager peut faire appel à un coach pour l’aider à mieux gérer son équipe, un parent peut bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour mieux comprendre son enfant, ajuster son approche éducative et retrouver un équilibre familial.

Tout comme un coach peut aider un manager dans sa prise de poste ou s’il a un souci dans son job, un coach peut aider un parent dans son job de parent. Le coach est une ressource à votre disposition qui peut être utile dans bien des cas et pas uniquement en cas de gros souci.

Pourquoi faire appel à un coach parental ?

🔹 Pour mieux gérer les conflits et tensions du quotidien.
🔹 Pour poser un cadre clair et rassurant, sans tomber dans l’autoritarisme.
🔹 Pour comprendre les besoins de son enfant en fonction de son âge et de sa personnalité.
🔹 Pour retrouver du plaisir et de la sérénité dans son rôle de parent.

Le coaching parental ne donne pas de recette miracle, car chaque famille est différente. Mais il permet de prendre du recul, d’expérimenter de nouvelles approches et de renforcer sa confiance en soi en tant que parent.

Manager, ça s’apprend. Être parent aussi.

Si l’on accepte de se former et de progresser en tant que manager, pourquoi ne pas adopter la même approche pour notre rôle de parent ?

Apprendre, ajuster, grandir avec son enfant.

Parce qu’être un bon parent ne signifie pas tout savoir d’emblée, mais avoir l’envie d’avancer ensemble.

Et vous, avez-vous déjà ressenti le besoin de mieux comprendre votre parentalité ? Quelles ressources ou solutions vous ont aidé(e) ?

Envie d’en discuter ? Prenez un RDV pour un entretien préalable.

RDV Cabinet & Visio
Précédent
Précédent

Métro-boulot-dodo : Pourquoi on a l’impression que les jeunes ne veulent plus travailler (et comment changer ça)

Suivant
Suivant

Pourquoi il est important de se connaître en tant que parent