Trop de conseils tuent le conseil, même en parentalité

vous recevez trop de conseils en tant que parent et vous en avez marre. il y a trop de conseils et vous ne savez plus quels conseils suivre

Trop de conseils parentaux tuent le conseil : osons retrouver notre propre boussole !

Vous l’avez sans doute remarqué : il n’y a jamais eu autant de conseils sur la parentalité qu’aujourd’hui. Et souvent, ils se contredisent.

➡️ « Il faut coucher bébé à heures fixes ! »
➡️ « Non, suivez plutôt son rythme naturel. »
➡️ « Ne le prenez pas trop dans les bras, il va s’habituer. »
➡️ « Mais si, le portage renforce l’attachement ! »
➡️ « Posez des limites strictes pour qu’il comprenne les règles ! »
➡️ « Non, privilégiez l’éducation bienveillante et la négociation ! »

On lit tout et son contraire dans les livres, sur Instagram, sur les forums de parents, et même dans les discussions de famille.

Les conseils pleuvent, les injonctions s’accumulent… et au final, on ne sait plus quoi faire, on est totalement perdu.e et on joue les girouettes !

Et cela qu’on soit jeune maman, parent d’ados ou même de jeunes adultes, cela ne s’arrête jamais.

Il faut dire que le marché de l’éducation est porteur et lucratif, alors les conseils pleuvent dans tous les sens. Il ne passe pas un jour sans qu’il n’y ait un titre ou un post sur l’éducation.

Oui je suis une coach parentale et suis donc sur ce marché, je sais cela peut sembler incohérent ou sacrément hypocrite, mais si je suis coach parentale c’est en grande partie à cause ou grâce à cela (de toutes ces injonctions et conseils auxquels on doit faire face tous les jours. D’ailleurs au passage tous les conseils ne sont pas à jeter à la poubelle mais il faut faire un sacré tri dans tous ça). Parce que j’ai écouté le chant des sirènes, suis aller de Charybde en Sylla et me suis pris des murs. J’en suis venue alors à m’interroger sur moi en tant que maman et mon rapport à mes enfants. J’ai reposé certaines choses à plat et ai maintenant une parentalité plus sereine et plus alignée avec moi.

Et maintenant j’accompagne d’autres parents. Je ne donne pas de conseils aux parens que j’accompagne, ce n’est pas mon rôle, je donne des pistes, pose des questions, fais réfléchir, propose des choses, présente des outils, mais ne dis pas ce qu’il faut faire.

Alors, comment sortir de ce tourbillon et trouver SA propre parentalité ?

Sur ce sujet, j’ai un avis tranché : il faut apprendre à se connaître et connaître ses enfants pour trouver la parentalité qui nous convient et dans laquelle on s’épanouit aussi.

La parentalité c’est comme une brosse à dents, c’est personnel (c’est ma punchline du jour).

Définissez ce qui est important pour VOUS

La parentalité c’est aussi faire des choix. Parfois on peut aussi faire des erreurs : les choix qu’on fait ne nous conviennent pas ou plus, et c’est OK. Etre parent est avant tout apprendre à être parent, on grandit et on évolue avec son enfant. Alors donnons-nous droit à l’erreur, partout et y compris dans notre parentalité. C’est en parentant qu’on devient parent et qu’on apprend aussi à connaître d’autres facettes de nous-même qui s’exprimait moins. Car oui, en parentant on apprend à se connaître autant qu’on apprend à connaître son enfant.

Une de questions que je pose aux parents que j’accompagne est “Quelles sont vos priorités en tant que parent ?”.

Parce que, soyons honnêtes, nous n’avons ni le temps ni l’énergie d’appliquer tous les « bons conseils » qu’on nous donne (et spoiler alert : ils sont loin d’être tous bons même quand ils viennent d’éminents spécialistes).

Il faut faire des choix.


🔹 Votre priorité, c’est le sommeil de toute la famille (notamment le vôtre) ?

Peut-être que vous accepterez un cododo temporaire, ou au contraire, que vous préférerez des nuits bien séparées.

Je vais vous donner un exemple personnel, quand on a découvert le diabète de notre Numéro3, pendant quelques temps on a fait du cododo. C’était un choix de notre part. D’une part parce qu’elle a vécu une annonce difficile et qu’elle a eu besoin d’être rassurée notamment la nuit. Des peurs qui avaient disparues sont revenues. Et nous ça nous rassurait, on pouvait ainsi surveiller sa glycémie et on entendait les alertes si elle était en hypoglycémie. Numéro3 était rassurée et nous étions rassurés. Tout le monde dormait mieux (et nous connaissons tous les conséquences d’un manque de sommeil : difficultés de concentration et d’attention, irritabilité, stress …). C’était notre choix, nous avons été jugés sur ce choix mais c’était ce qui nous convenait. Nous l’avons fait en conscience. Une autre famille aurait peut-être fait autrement … ou pas. Mais là encore cela aurait été son choix en fonction de son vécu, de son histoire et de ses priorités.


🔹 Vous voulez privilégier l’éducation bienveillante ?

Vous choisirez la communication et l’écoute plutôt que les sanctions et le rapport de force. Et là encore c’est OK si c’est votre choix et que cela répond à votre besoin et vos valeurs.

Le faire parce que c’est à la mode ? Cela devrait être un redflag.


🔹 Vous êtes très attaché à l’autonomie ?

Vous mettrez en place des routines qui responsabilisent votre enfant dès le plus jeune âge. Profitez-en pour réfléchir à ce que signifie l’autonomie pour vous, ce que vous mettez derrière ce mot et ce que du coup vous attendez de la part de votre enfant.

Bien sûr vous pouvez avoir plusieurs priorités. Mais vous verrez qu’en fait il y a 3 à 5 trucs super-hyper importants pour vous et que le reste n’est pas aussi important.

Donc quelles sont vos priorités aujourd’hui ?

Les priorités évoluent aussi avec le temps.

Ce qui comptait le plus pour vous à la naissance ne sera peut-être plus votre priorité trois ans plus tard. Parce que votre enfant a grandi, parce que vous avez évolué, parce que votre situation de vie a changé, les raisons sont multiples. Et c’est ok.

Il y a un fil rouge mais si par exemple votre priorité est l’autonomie, peut-être que la manière de décliner ce point va évoluer en fonction de l’âge de vos enfants mais aussi de votre histoire (familiale et personnelle).

Cette partie est un des pans de mes accompagnements parentaux. Car répondre à cette question permet de donner une direction et d’y aller. Sans direction, difficile d’avancer.

Testez… mais avec discernement

Parfois, un conseil nous parle. On sent qu’il peut apporter du mieux-être à notre famille. Dans ce cas, essayez !

Mais essayez avec du bon sens.

🚨 Ne tombez pas dans l’excès des méthodes miracles et des tendances farfelues.
➡️ Non, je ne vais pas réveiller mon enfant à 5h du matin pour l’initier à la "morning routine" des entrepreneurs à succès.
➡️ Non, je ne vais pas lui supprimer tous les sucres sous prétexte que ça améliore la concentration.
➡️ Non, je ne vais pas le laisser pleurer seul pendant une heure "pour qu’il apprenne à se calmer".

Si un conseil vous semble extrême, inutile ou en contradiction avec vos valeurs… ignorez-le.

Faites le bilan au bout de trois semaines

Une règle simple : si au bout de trois semaines, une méthode ne fonctionne pas ou vous fait plus de mal que de bien, arrêtez.

La parentalité n’est pas une science exacte. Ce qui fonctionne pour une famille ne fonctionnera pas forcément pour une autre. Et ce n’est pas grave !

Si une routine, un conseil ou une méthode vous complique la vie, crée des tensions ou ne donne pas les résultats espérés… n’insistez pas.

Un exemple personnel : j’ai voulu tester la morning routine pour améliorer mon énergie et ma productivité (une copine m’avait vanté les bienfaits de la morning routine).

Résultat ? J’étais de mauvaise humeur toute la journée, fatiguée. Je me suis demandé "Pourquoi ?".

Conclusion : j’ai arrêté la morning routine et me lève juste 15 minutes avant la maisonnée pour avoir 15 minutes à moi juste pour moi.

C’est pareil en parentalité. Si une approche vous épuise sans résultats concrets, laissez tomber.

Je vais faire une analogie qui vous parlera peut-être. Imaginez-vous devant votre placard avec toute votre garde-robe.

Dans votre placard, il y a des vêtements que vous avez depuis longtemps, certains sont usés à force d’avoir été portés, certains sont troués, d’autres sont déformés, certains ne vous vont plus, certains sont ternis ou tachés, d’autres sont datés, certains sont vintage et d’autres sont has been, certains sont neufs. C’est la même chose avec les conseils en parentalité. Pour votre garde-robe, vous faites régulièrement le tri. C’est la même chose avec les habitudes et la parentalité. Acceptez de faire le tri et de ne gardez que ce à quoi vous tenez et qui vous va encore.

Revenez toujours aux bases solides

Face à l’avalanche de conseils, une chose est sûre : les fondamentaux restent toujours valables.

💡 Manger équilibré, sans ultra-transformé, en cuisinant maison autant que possible.
💡 Respecter le sommeil des enfants et essayer de garder un bon rythme.
💡 Leur permettre de bouger, de jouer, de rire, d’explorer.
💡 Passer du temps de qualité avec eux, sans écran entre nous.
💡 Faire preuve de bienveillance tout en posant des limites claires.

Tout le reste, ce ne sont que des détails.

Faites-vous confiance !

C’est peut-être le plus dur, mais aussi le plus important : vous êtes l’expert de votre enfant.

Même si tout le monde (y compris votre mère ou votre belle-mère) a un avis sur ce que vous devriez faire, même si vous doutez parfois… vous êtes le.a mieux placé.e pour savoir ce qui est bon pour lui.

✅ Écoutez-vous.

✅ Observez votre enfant.

✅ Faites des choix alignés avec vos valeurs.

Et si vous êtes perdu, souvenez-vous de cette phrase : “À partir du moment où vous vous posez la question de bien faire, c’est que vous êtes déjà un bon parent.”

L’exemple de la tendance "ghettosorri" : suivre une mode ou s’écouter ?

Récemment, une tendance éducative a fait parler d’elle sur les réseaux sociaux : le "ghettosorri", contraction de “ghetto” et de “Montessori”.

Cette tendance est née d’une volonté humoristique de détourner les principes Montessori en les appliquant avec les moyens du bord, souvent de façon exagérée ou caricaturale. Elle se moque de l’éducation positive et promeut des méthodes peu conventionnelles qui sont parfois plus que limites.

Cette tendance s’appuie sur le mythe du parent parfait et de la difficulté des parents à s’y retrouver dans ce déluge de conseils et consignes contradictoires liés à l’éducation des enfants. Sous couvert d’humour et de parentalité décomplexée, certains messages passés promeuvent des messages erronés voire dommageables. Et comme cette tendance fait le buzz (et des vues), de nombreuses influenceuses utilisent ce mot-clé pour dédramatiser le rôle de certaines mères qui culpabiliseraient d’être imparfaites. Et là encore être imparfaite c’est OK mais pas si c’est dommageable pour l’enfant ou si cela ne nous convient pas. Et le problème c’est que les réseaux sociaux se sont emparés de cette tendance et que les parents perdus s’y engouffrent, une étude canadienne montre que Internet et les réseaux sociaux sont devenus un incontournable dans la parentalité notamment pour obtenir du soutien social.

Ce phénomène illustre bien le piège des tendances éducatives : on peut rapidement tomber dans une surenchère où l’on applique une méthode non pas parce qu’elle nous convient, mais parce qu’elle est à la mode, sans la connaître réellement d’ailleurs.

Et c’est justement là qu’il faut faire preuve de discernement.

Montessori, comme d’autres approches éducatives, repose sur des principes intéressants mais tous les principes peuvent ne pas nous convenir.

Et c’est là qu’un truc chouette qui s’appelle le libre-arbitre devrait intervenir. On prend le temps de réfléchir, de voir ce qui nous convient et correspond à nos valeurs. Chaque famille doit adapter les conseils éducatifs à sa propre réalité.

Ce n’est pas parce qu’une méthode fonctionne pour d’autres qu’elle est forcément adaptée à votre enfant et à votre mode de vie. Et ce n’est pasparce qu’une méthode fonctionne pour vous que ce sera adapté et adopté par une autre famille.

Plutôt que de chercher à appliquer des recettes toutes faites, suivez votre instinct.

Apprenez à différencier les bases solides des effets de mode. Apprenez à faire le tri et réfléchir à ce qui vous convient. Souvent le bon sens nous fait défaut car on veut tellement bien faire pour nos enfants en tant que parent qu’on l’oublie.

Acceptez de ne pas tout faire parfaitement, et surtout, gardez à l’esprit que l’éducation ne se joue pas sur une tendance Instagram (ou autre réseau social), mais sur le quotidien, les échanges et la connexion avec votre enfant.

Apprenez à filtrer l’info, et vivez votre parentalité avec plus de sérénité.

Entre les réseaux sociaux, les livres spécialisés et les avis de votre entourage, il est facile de se sentir submergé.e.

Mais au final, ce qui compte, c’est votre équilibre familial.

💡 Sélectionnez les conseils qui vous parlent.
💡 Expérimentez avec du bon sens.
💡 Revenez aux bases solides.
💡 Et surtout… faites-vous confiance !

Parce qu’il n’existe pas une seule bonne façon d’être parent. Il y a autant de parentalités que de familles.

Et si vous avez des doutes, rappelez-vous que vous faites déjà de votre mieux. Et c’est ça, le plus important.

Et vous, avez-vous déjà été perdu.e face aux conseils contradictoires sur la parentalité ?

Comment faites-vous pour trouver votre équilibre ?

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