Pourquoi vous avez l'impression de ne jamais en faire assez en tant que parent ?

Le sentiment de ne jamais en faire assez en tant que parent est une émotion que beaucoup de parents partagent (moi comprise). C’est un sentiment qui arrive de manière inopinée et qui peut prendre beaucoup de place, grignoter un peu notre self-esteem en tant que parent.

Et c’est une pilule dure à avaler.

Vous êtes loin d’être seul.e … nous sommes dans le même bateau.

Dans un monde où l’on nous demande d’être performants à tous les niveaux - professionnel, familial, personnel - il est facile de se retrouver sous une pression immense. On nous la met et on se la met tout seul.

Entre la gestion de la maison, l’éducation des enfants, et la carrière, il semble souvent qu’il y a toujours quelque chose à ajouter à la liste des tâches à accomplir. Elle semble s’allonger de seconde en seconde, et quoi que l’on fasse elle ne désemplit pas.

Mais pourquoi ressentons-nous cette impression d'insatisfaction constante ?

Avec cet article, je vais tenter de vous donner quelques pistes de réflexions et surtout vous dévoiler une partie de ce qui se cache derrière ce sentiment, comment il est alimenté par des attentes irréalistes.

Et oui ces attentes sont tout simplement irréalistes … et pourtant on ne cesse d’essayer d’y répondre et comme on n’y arrive pas on le vit mal, et on s’en veut.

Je vais vous proposer des solutions concrètes et simples pour déculpabiliser et retrouver un équilibre.

Ce sont des pistes que j’ai explorées et que j’explore encore et que je donne régulièrement dans mes coachings. Certaines peuvent sembler simples voire simplistes, évidentes, mais bien souvent je constate que ce sont celles qu’on a oublié d’explorer.

Le poids des attentes sociétales

Dès le départ, il y a beaucoup d’attentes qui pèsent sur nos épaules.

Quand on est seul ou même en couple, cela va à peu près car on n’a que nous à gérer.

Mais quand on devient parent, c’est un cran au-dessus. Les conseils pleuvent, ceux de nos proches, de nos amis, même d’inconnus dans la rue ou au supermarché, dans les magazines, sur les réseaux sociaux, dans les livres … sur l’éducation, sur comment tout concilier, sur comment préserver notre couple, sur comment on doit gérer tout. On ne les compte plus et on a le droit de se sentir perdus et submergés dans cette avalanche de conseils, surtout qu’ils peuvent être totalement opposés.

Bref dès que l’on devient parent, une multitude d'attentes s'installe. Et ces attentes viennent de toutes parts et sur tous les fronts.

La société projette une image du parent parfait : celui qui parvient à tout concilier sans jamais faillir.

On admire (et on envie) ces familles des réseaux sociaux qui semblent tout gérer à la perfection, mais cela crée une norme inatteignable.

-> Adoptez une perspective réaliste

Il est important de comprendre que la perfection n’existe pas. Chaque famille a ses défis propres, et ce que vous voyez sur les réseaux sociaux est souvent une version idéalisée de la réalité ou une version partielle de la réalité, celle qu’on veut bien montrer et dont on n’a pas honte. Prenez du recul et redéfinissez ce que signifie "réussir" en tant que parent pour vous (et uniquement pour vous). Que veut dire pour vous être un “bon parent”, car c’est bien de ça dont on parle non ? Soyez fier(e) de vos petites victoires quotidiennes et célébrez-les !

La surcharge mentale des parents

surcharge mentale du parent

Les parents, en particulier les mères, sont souvent responsables de la « charge mentale » : gérer les rendez-vous des enfants, s’occuper des tâches ménagères, planifier les repas, et bien plus.

Oui je sais cela peut sembler sexiste, mais dans les faits c’est bien souvent le cas.

Je ne dis pas que les pères n’ont pas de charge mentale, mais leur charge mentale concerne moins le quotidien et la logistique de la maison.

Cette responsabilité invisible contribue à l’épuisement émotionnel et au sentiment de ne jamais en faire assez. La tâche est lourde et se rajoute au reste. Toute la journée on a en fond plus ou moins sonore dans notre tête ce que nous devons faire à la maison (il manque quelque chose pour le repas du soir, qu’est-ce que je vais faire à manger ?, il faut récupérer les enfants, je vais faire les courses avec eux ou j’y vais avant, mais est-ce que je vais avoir le temps, et ce matin junior toussait … et si l’école me téléphonait pour me dire qu’il est malade, et j’ai oublié de faire la lessive et junior n’a plus de sous-vêtements …). Tout ça en peaufinant la présentation pour Duboss qui l’attend pour la fin de matinée ou en assistant à la réunion du lundi matin pour faire le point sur tous les projets.

-> Déléguer et accepter l'aide

Personne ne peut tout faire seul.e. D’ailleurs quand on y réfléchit, être parent est un travail d’équipe et l’équipe peut s’agrandir de nouveaux membres qui peuvent être externes à la famille.

Déléguez certaines tâches à votre partenaire, aux enfants (s’ils sont assez grands), ou même à des proches.

Vous n’avez pas à tout porter.

Et vous pouvez aussi prioriser, pas besoin de nettoyer la maison de fond en comble tous les jours. Certaines de vos tâches peuvent être déléguées, faites différemment, faites moins souvent.

Qu’est-ce qui est important pour vous ? qu’est ce qui doit être fait ? qui peut le faire et quand ?

En réduisant cette charge mentale, vous pourrez mieux apprécier ce que vous accomplissez sans vous sentir constamment débordé.e.

L’auto-critique constante

Votre petite voix intérieure peut être votre pire critique.

Je crois d’ailleurs qu’en tant qu’on parent on se met la barre très haut, limite elle est infranchissable. L’auto-critique va souvent de pair avec le perfectionnisme. On a juste envie d’être un SuperParent en faisant tout à la perfection. Bien n’est pas suffisant pour cette petite voix.

Après avoir accompli plusieurs tâches dans la journée, cette voix vous dit que ce n’est toujours pas suffisant : “Tu aurais pu faire plus”, "Tu aurais pu faire mieux”, “Tu aurais pu faire ça aussi”.

Cette autocritique incessante pousse à l’épuisement et renforce l’impression que rien n'est jamais assez bien.

-> Pratiquer l’auto-compassion

Passer de l’auto-critique à l’auto-compassion sera un véritable pas de côté qui vous soulagera de tout ce poids que vous portez.

L’auto-compassion consiste à être bienveillant envers soi-même, surtout lorsque les choses ne se passent pas comme prévu.

Accordez-vous du crédit pour tout ce que vous faites, au lieu de vous concentrer sur ce que vous n’avez pas accompli. Accordez-vous aussi le droit à l’erreur même en tant que parent. Rappelez-vous que nos enfants apprennent par l’exemple. En vous accordant le droit à l’erreur et en étant bienveillant.e envers vous-même vous leur offrez de précieuses leçons de vie, et eux aussi seront bienveillants avec eux-mêmes et s’autoriseront à faire des erreurs. C’est un cercle vertueux pour toute la famille.

Changez votre dialogue intérieur pour qu'il soit plus encourageant et moins critique.

Vous pouvez même quand cela devient trop pesant écrire ces dialogues intérieurs, poser par écrit tout ce que ces petites voix se disent vous aidera aussi à y voir plus clair et à voir ce qui se joue dans ces dialogues intérieurs.

L'impact des réseaux sociaux

Je ne pouvais pas écrire cet article dans mentionner le rôle des réseaux sociaux dans tout ça.

Les réseaux sociaux renforcent souvent cette pression de performance parentale.

Pourquoi ? Chaque publication semble refléter des familles parfaites, où tout semble facile.

Les influenceurs lifestyle montrent des photos de familles où tout le monde rit, danse, s’entend bien. Tout semble juste parfait.

Pour ceux qui ont la référence c’est la famille Ricoré ou Kinder des pubs des années 80.

Pourtant, il est crucial de comprendre que ces images ne montrent qu'une partie de la réalité, souvent embellie.

On est loin de la vraie vie sur les réseaux sociaux. Il est rare de voir ces influenceurs craquer devant la caméra, pleurer, péter un câble, hurler sur leurs enfants, ou les enfants faire des crises à se rouler par terre dans les supermarchés.

J’aimerai bien une Céleste Barber pour la parentalité.

La parentalité est merveilleuse mais n’est pas toujours facile. Ce que l’on voit sur les réseaux sociaux n’est qu’une partie de la réalité, celle qu’on veut bien montrer et qui est socialement et commercialement acceptable. N’oublions pas que ce qu’on recherche avec les réseaux sociaux sont les followers, les likes, les commentaires, des réactions (positives) … donc pour arriver à cela il vaut mieux montrer des scènes idéales, des images d’épinal qui sont notre graal.

-> Limiter l'exposition aux réseaux sociaux

Si vous vous sentez submergé.e par la comparaison constante, prenez une pause. Déconnectez.

Éloignez-vous des réseaux sociaux pendant un moment pour éviter cette pression de devoir "faire comme les autres".

Rappelez-vous que la vie réelle n’a rien à voir avec les photos filtrées et mises en scène.

Les croyances limitantes sur le rôle parental

Beaucoup de parents se sentent obligés de répondre à des normes culturelles ou familiales sur ce qu’ils « devraient » être ou faire.

les croyances limitantes de la parentalité

Que ce soit pour offrir la meilleure éducation, être toujours présent, ou réussir à concilier carrière et famille, ces croyances peuvent être très oppressantes.

Ce qu’on oublie de dire c’est que le “meilleur” n’est pas toujours bon pour nous. Nous sommes tous différents, n’avons pas les mêmes besoins et attentes, nous n’avons pas les mêmes valeurs donc pourquoi vouloir calquer un modèle universel qui ne nous correspond pas ?

On a tendance à nous faire croire qu’il y a une recette unique pour être un bon parent … oui il y a des principes de base et des “règles” mais la mise en application peut et doit différer suivant les familles.

Cette tendance à croire à la recette unique est aussi véhiculée par les médias qui ont flairé un sujet bankable, d’autant que les livres parlant éducation et parentalité se sont multipliés ces dernières années.

J’ai essayé de suivre ces fameuses recettes au début et cela ne m’a pas réussi. C’est rajouter de la pression là où il y en a déjà beaucoup. C’est la goutte d’eau qui fait tout déborder.

Ces croyances nous entravent et nous emprisonnent.

-> Redéfinir vos priorités

Prenez le temps d’identifier quelles attentes sont vraiment les vôtres, et lesquelles sont imposées par la société ou votre entourage.

En vous recentrant sur ce qui est essentiel pour vous et votre famille, vous pourrez alléger cette pression et adopter un style de parentalité plus en accord avec vos valeurs.






Il est normal de ressentir, parfois, que vous n’en faites jamais assez.

Mais en remettant en question les attentes irréalistes, en pratiquant l’auto-compassion, en déléguant certaines tâches, et en vous déconnectant des réseaux sociaux, vous pouvez réduire ce sentiment et retrouver un équilibre plus sain.

L’idée n’est pas d’être parfait.e en tous points, mais de trouver la parentalité qui vous convient et dans laquelle vous vous épanouirez.

Car oui on peut être heureux d’être parent et s’épanouir dans ce rôle sans être parfait.

Cerise sur le gâteau ? les effets bénéfiques de ce nouveau paradigme se feront sentir à la maison et dans le quotidien.

Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour être un bon parent.

Il suffit d’être présent, aimant et de faire de votre mieux, avec les ressources dont vous disposez à l’instant.

Vous voulez en savoir plus ?

Envie d’aller plus loin avec moi ?

Prenez RDV pour un appel découverte ou une première séance

RDV Cabinet & Visio
Précédent
Précédent

Pourquoi les parents doivent mieux gérer leurs émotions pour que les enfants gèrent mieux les leurs

Suivant
Suivant

Mon premier conseil pour les parents débordés : “Rechargez vos batteries !”